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Longueur du canal de suez : histoire, dimensions et enjeux pour la navigation mondiale

Longueur du canal de suez : histoire, dimensions et enjeux pour la navigation mondiale

Longueur du canal de suez : histoire, dimensions et enjeux pour la navigation mondiale

Pourquoi la longueur du canal de Suez intéresse aussi les marins de plaisance

Quand on parle du canal de Suez, on pense surtout cargos géants et politique internationale. Pourtant, même en croisière côtière sur un 10 mètres, ce qui s’y passe nous concerne directement : prix du gasoil, choix de routes, météo en Méditerranée, équilibre du trafic maritime mondial… tout est lié.

Et au cœur de tout ça, il y a une donnée simple, presque scolaire : la longueur du canal. Mais derrière ces kilomètres se cachent des enjeux d’architecture navale, de sécurité, de temps de traversée et de goulot d’étranglement pour le commerce mondial.

Dans cet article, on va voir :

La longueur du canal de Suez : les chiffres clés

Aujourd’hui, la longueur officielle du canal de Suez est d’environ 193 km entre Port-Saïd au nord (Méditerranée) et Suez au sud (mer Rouge).

On trouve parfois des valeurs légèrement différentes (190 km, 195 km). Pourquoi ? Parce que :

Pour rester concret pour un navigateur, retenons :

Autrement dit, pour un cargo, traverser Suez, c’est l’équivalent d’une bonne journée de navigation côtière à allure modérée… sous très haute surveillance.

Un canal ancien dans l’idée, moderne dans sa forme

L’idée de relier la Méditerranée à la mer Rouge ne date pas d’hier. Les Égyptiens et les Perses avaient déjà creusé des canaux reliant le Nil à la mer Rouge, mais ils ne traversaient pas l’isthme comme aujourd’hui.

Le canal de Suez tel qu’on le connaît est beaucoup plus récent. Quelques repères utiles :

Au fil du temps, la longueur et les dimensions ont évolué :

Résultat paradoxal : on a d’un côté ajouté des sections (voies parallèles, by-pass), et de l’autre raccourci certaines parties trop sinueuses. D’où les variations dans les chiffres de longueur totale, alors que pour l’armateur, ce qui compte est la distance réellement parcourue par son navire.

Le « nouveau canal de Suez » : plus long, plus large, plus fluide

En 2015, l’Égypte inaugure ce qu’on appelle le « nouveau canal de Suez ». Ce n’est pas un deuxième canal complet, mais :

Objectif : permettre à des navires de se croiser sur de longues portions, au lieu d’avancer uniquement en convoi alterné sur un canal à sens unique.

Quelques conséquences concrètes :

Pour un plaisancier, on ne va pas « réserver un créneau Suez » avec son petit croiseur comme on réserve une nuit de port… mais tout ce qui fluidifie ou congestionne ce passage aura un impact sur :

Dimensions du canal : des chiffres qui dictent la taille des navires

La longueur n’est qu’une partie de l’histoire. Pour un skipper, ce qui compte vraiment, ce sont les dimensions utiles :

Quelques chiffres actuels (ordre de grandeur) :

Ces limites définissent un type de navire : le Suezmax. C’est un peu l’équivalent, pour les cargos, de ce que serait un « tirant d’air max pour passer sous le pont de Saint-Nazaire » pour un plaisancier côtier.

En plaisance, on ne joue évidemment pas dans ces chiffres-là, mais la logique est la même :

Temps de transit : 193 km sous haute surveillance

Un canal de 193 km, ça peut sembler « court » à l’échelle d’un cargo qui traverse l’Atlantique. Pourtant, cette courte distance concentre une grosse part du risque :

En moyenne, un transit Suez pour un navire marchand ressemble à :

On est loin de la navigation de croisière « on verra sur place ». C’est une navigation de précision, où l’erreur ne pardonne pas. L’exemple le plus parlant pour nous :

En plaisance, on a tous déjà « bouché » l’entrée d’un petit port avec un départ raté de place de port par vent de travers. Imaginez ça avec un géant de 400 mètres dans un chenal mondial…

Un canal long, mais surtout stratégique

Pourquoi 193 km de canal artificiel concentrent-ils autant d’enjeux ? Parce qu’ils évitent de contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance.

Pour donner un ordre de grandeur, pour un trajet Europe – Asie de l’Est :

On gagne donc de l’ordre de 3 000 à 5 000 milles, soit :

À l’échelle d’une croisière en voilier, c’est comme si on vous proposait de faire un Lorient – Gibraltar en trois jours de moins, avec un chenal sûr et balisé. Le choix est vite fait, tant que le chenal reste ouvert.

Quand le canal se bloque : conséquences jusqu’à nos ports

L’épisode de l’Ever Given en 2021 a montré, chiffres à l’appui, à quel point ces 193 km sont un maillon critique :

Pour un plaisancier européen, ça se traduit très concrètement :

Tout ça parce qu’un navire, dans un canal de 193 km de long, s’est mis en travers pendant quelques jours. La longueur, ici, n’est pas gigantesque ; ce qui compte, c’est qu’il n’existe pas d’itinéraire alternatif équivalent.

Suez ou cap de Bonne-Espérance : ce que ça change sur l’océan

Pour les grandes lignes commerciales, deux choix principaux entre Europe et Asie :

En termes pratiques pour nous en croisière :

Sur une carte, ces choix de route se traduisent par :

Même si votre terrain de jeu se limite à la Bretagne sud, vous partagez votre océan avec des flux guidés, en partie, par ces 193 km de canal entre Méditerranée et mer Rouge.

Et pour un voilier de plaisance, passer par Suez ?

Un point pratique : oui, des voiliers de plaisance traversent le canal de Suez. C’est même une route classique pour ceux qui font un tour du monde par la Méditerranée et la mer Rouge.

Quelques éléments concrets à garder en tête :

Sur 193 km de canal :

Ce n’est donc pas une balade touristique, mais une étape logistique dans un long périple. Pour ceux qui planifient ce genre de route, la longueur du canal (193 km) se traduit en :

Ce que ces 193 km nous apprennent sur la navigation

En résumé, derrière la simple question « quelle est la longueur du canal de Suez ? », on trouve :

Pour nous autres marins, même loin de l’Égypte, ces 193 km se traduisent en effets très concrets : routes commerciales, prix du carburant, disponibilité du matériel, densité de trafic dans certaines zones de croisière.

La prochaine fois que vous verrez un gros cargo croiser au large de votre mouillage en Méditerranée, demandez-vous simplement : s’il navigue ici, c’est peut-être parce qu’à 193 km de sable et de chenal, quelque part en Égypte, quelqu’un a décidé d’élargir, approfondir ou débloquer un passage creusé au XIXe siècle.

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