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Location de voilier ou catamaran : comment faire le bon choix selon son équipage et son programme de navigation

Location de voilier ou catamaran : comment faire le bon choix selon son équipage et son programme de navigation

Location de voilier ou catamaran : comment faire le bon choix selon son équipage et son programme de navigation

Chaque hiver, je vois revenir les mêmes questions dans les mails d’élèves ou de locataires : « On prend un catamaran ou un voilier ? », « On sera 6, tu nous conseilles quoi ? », « Pour les Baléares, plutôt mono ou cata ? ». Et derrière, toujours les mêmes déceptions : équipage malade sur un monocoque mal choisi, catamaran trop cher pour un programme côtier tranquille, ou inversement, une famille entassée dans un 35 pieds pour deux semaines…

Dans cet article, on va poser les choses clairement : comment choisir, de façon rationnelle, entre voilier monocoque et catamaran, en fonction :

Objectif : que votre bateau soit un outil adapté à ce que vous voulez faire, pas un piège flottant ou un gouffre financier.

Commencer par la seule vraie question : avec QUI partez-vous ?

Avant de parler de carène, de stabilité ou de tirant d’eau, commencez par l’équipage. C’est lui qui dicte 80 % du choix.

Posez-vous ces questions, noir sur blanc :

Deux cas de figure typiques que je rencontre souvent :

Cas n°1 : Équipage familial peu expérimenté

Dans ce cas, le catamaran marque souvent beaucoup de points : bateau « à plat », grandes cabines, cockpit immense, circulation facile. C’est rassurant pour les non-marins et ça permet de passer de bonnes vacances même si le vent est faible ou mal orienté.

Cas n°2 : Équipage motivé par la navigation

Là, le monocoque reprend l’avantage : sensations sous voiles, simplicité des manœuvres, budget plus raisonnable, meilleure capacité à remonter au vent, plaisir de barre plus direct.

Retenez un principe : plus l’équipage est « vacances club » et peu habitué, plus le cata devient pertinent. Plus l’équipage est « passion voile », plus le monocoque retrouve son sens.

Monocoque ou catamaran : les vrais plus et les vrais moins

On va passer en revue les critères qui comptent vraiment, avec un retour d’expérience de location et de convoyage.

Stabilité et confort de vie

Espace et intimité

Manœuvres et gestion pour le skipper

Performances et comportement en mer

Budget global

À équipage identique, le cata revient quasiment toujours plus cher, surtout si vous prévoyez des nuits au port.

Adapter le bateau au programme de navigation

Deuxième clé du choix : ce que vous comptez réellement faire avec ce bateau pendant la semaine ou la quinzaine.

Quelques profils de programmes fréquents.

Programme « mouillages tranquilles en zone abritée »

Ici, le catamaran est particulièrement adapté si :

Vous profitez de l’espace, du confort, du faible tirant d’eau pour approcher les plages, et vous naviguez le plus souvent par météo choisie.

Programme « cabotage avec quelques navigations engagées »

Dans ce cas, le monocoque prend l’avantage :

Programme « kilométrage » : longues étapes, traversées, one-way

Sur ces programmes, mon choix avec des équipages mixtes reste presque toujours le monocoque :

Le catamaran, bien armé et bien mené, peut évidemment faire le job, mais ce n’est plus du tout la même exigence en préparation, météo et gestion des risques. Pour une simple semaine de location avec équipage varié, je déconseille.

Quelques exemples vécus… et ce qu’on en tire

Anecdote 1 : le catamaran « club » en Méditerranée

Équipage : 2 couples + 3 enfants (5, 8 et 11 ans), aucun n’avait plus de 5 jours de nav à son actif. Zone : Baléares en juillet. Bateau prévu initialement : monocoque 40 pieds. Au vu du profil, je les oriente vers un Lagoon 40.

Résultat :

Leçon : pour une « première fois en famille » dans une zone favorable, le cata est souvent un accélérateur de plaisir et de vocation.

Anecdote 2 : monocoque sous-estimé en Bretagne

Équipage : 6 amis, dont 4 très peu expérimentés. Zone : Bretagne Sud, fin août. Bateau : monocoque 37 pieds de location, programme : Groix, Glénan, retour par Concarneau.

Problème : une dépression passe plus vite que prévu. 25–30 nœuds de vent établi, parfois plus dans les rafales. Résultat :

Leçon : dans une zone où le mauvais temps arrive vite, un monocoque robuste et bien géré est plus logique qu’un catamaran « appartement » dont on sous-estime parfois la prise au vent et la difficulté à monter au près dans la houle.

Check-list pratique pour choisir entre voilier et catamaran

Pour vous aider à trancher, voici une grille simple. Chaque fois que la réponse est « oui », cochez un point dans la colonne correspondante.

Questions orientées catamaran

Questions orientées monocoque

À l’arrivée :

Erreurs fréquentes à éviter au moment de la réservation

Erreur n°1 : choisir d’abord le bateau, puis inventer l’équipage

Typique : « On a vu une promo sur un Lagoon 46, on sera bien 10, non ? ». Mauvaise approche. Commencez par :

Erreur n°2 : surdimensionner le bateau « pour être large »

Un 50 pieds (mono ou cata) n’est pas « juste un peu plus gros » qu’un 40 pieds. C’est plus large, plus puissant, plus lourd, plus impressionnant dans les manœuvres. Si vous êtes un skipper encore en apprentissage, rester dans des tailles raisonnables (monocoque 35–40 pieds, cata 38–42 pieds) est souvent une sage décision.

Erreur n°3 : négliger l’état réel du bateau

Qu’il soit mono ou cata, ce qui compte ensuite, c’est :

Un bon monocoque bien entretenu vaut mieux qu’un cata fatigué, et inversement.

Comment présenter le choix à votre équipage

Dernier point souvent sous-estimé : la gestion des attentes. Rien de pire que :

Expliquez clairement, avant la réservation :

Impliquer l’équipage dès le départ dans le choix du type de bateau limite énormément les frustrations à bord. Et si quelqu’un rêve absolument de catamaran quand tout pointe vers un monocoque (ou l’inverse), mieux vaut en discuter franchement tout de suite que se le reprocher en mer.

En résumé, ne cherchez pas le « meilleur » bateau en théorie. Cherchez le bateau le plus cohérent avec :

Une fois ce travail fait honnêtement, le choix entre voilier monocoque et catamaran devient rarement un dilemme. Et surtout, il vous rapproche d’une vraie belle croisière, où le bateau n’est plus un problème à gérer, mais un allié qui sert votre programme de navigation… et l’envie de repartir.

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