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Logiciels navigation : comparatif des meilleurs outils pour préparer et suivre sa route en mer

Logiciels navigation : comparatif des meilleurs outils pour préparer et suivre sa route en mer

Logiciels navigation : comparatif des meilleurs outils pour préparer et suivre sa route en mer

Pourquoi un logiciel de navigation n’est pas un gadget

Sur beaucoup de bateaux de location, je vois la même scène : on embarque, on allume le traceur fixe au pied de la descente, et la tablette reste dans le sac. Puis le soir, au mouillage, tout le monde sort son téléphone avec Navionics pour « voir si on était bon ». Autrement dit : on navigue avec un seul outil, et on contrôle après coup.

Un bon logiciel de navigation, bien choisi et bien configuré, sert à trois choses très concrètes :

Ce n’est pas une question de technologie, mais de méthode. Le bon logiciel, sur le bon support (tablette, PC, téléphone), au bon endroit dans le bateau, change vraiment la vie à bord. Le mauvais outil, mal utilisé, donne surtout une fausse impression de sécurité.

Ce qu’on demande vraiment à un logiciel de navigation

Avant de comparer les noms, regardons les besoins réels. Ce sont eux qui doivent guider le choix.

Pour une croisière côtière ou hauturière, un logiciel de nav doit permettre, au minimum :

Ensuite viennent les “plus” : routage, polaires de vitesse, AIS, intégration avec l’électronique du bord, partage de routes, etc. Utile, mais pas indispensable à tout le monde.

Les poids lourds sur tablette pour la croisière côtière

Sur 90 % des croisières côtières que je vois en Atlantique et en Méditerranée, la navigation se fait avec une combinaison traceur fixe + tablette. Voici les trois applis que je vois le plus souvent, avec leurs forces et leurs limites.

Navionics Boating (iOS / Android)

Exemple vécu : sur un convoyage Golfe du Morbihan – Hendaye avec un équipage peu expérimenté, la tablette Navionics sur la table à cartes a été l’outil principal pour faire comprendre la route, les atterrissages de nuit et les portes de marée. Simple, visuel, pédagogique.

C-MAP App (iOS / Android)

Savvy Navvy (iOS / Android)

Pour la croisière hauturière et le routage météo

Dès qu’on parle de traversée plus sérieuse (Golfe de Gascogne, Madère, Canaries, transat, Corse depuis le continent par météo incertaine…), la question du routage météo et du fonctionnement offline devient centrale.

Weather4D Routing & Navigation (iOS)

Cas concret : sur un convoyage Canaries – Continent, j’ai comparé chaque jour le routage “idéal” Weather4D avec ce que permettaient vraiment la mer et l’équipage. On a suivi environ 70 % du routage théorique. Le reste a été adapté pour le confort. L’outil permet de décider en connaissance de cause, pas de suivre aveuglément une ligne.

SailGrib WR (Android)

qtVlm (PC, Mac, Linux, Android)

Pour la navigation sur PC et les gros projets

Quand on prépare un grand voyage, ou qu’on navigue avec un PC fixe à bord, deux noms reviennent systématiquement.

OpenCPN (PC / Mac / Linux)

TimeZero (ex-MaxSea) (PC / certaines tablettes)

Les applis gratuites ou low-cost qui méritent le détour

On peut très bien naviguer sans dépenser une fortune en logiciels. À condition de savoir ce qu’on fait et d’accepter quelques compromis.

Ce que j’utilise vraiment à bord, selon les cas

En pratique, sur un voilier de location de 35 à 45 pieds en Atlantique ou Méditerranée, voici les combinaisons que j’utilise le plus souvent.

Croisière côtière avec équipage peu expérimenté

La tablette sert autant à expliquer la route à l’équipage qu’à naviguer. On trace les routes ensemble, on zoome sur les atterrissages et les passes, on parle des plans B si le vent monte.

Croisière semi-hauturière (par exemple continent – Corse ou Marseille – Baléares)

Traversée plus engagée ou convoyage long

Et surtout : le logiciel ne décide jamais à ma place. Il propose, j’arbitre en fonction de la mer, du bateau et de l’équipage.

Les erreurs fréquentes avec les logiciels de navigation

En cours et en coaching, je vois toujours les mêmes pièges.

Check-list pour bien choisir et configurer son logiciel

Avant de partir, prenez une heure au calme au port avec vos écrans. Voici une check-list simple.

1. Clarifier votre profil de navigation

2. Tester avant d’acheter

3. Préparer le mode offline

4. Vérifier l’alimentation et la protection

5. Organiser la redondance

6. Se donner des règles d’utilisation

Un logiciel de navigation bien choisi et bien utilisé ne remplace ni le bon sens ni l’œil du marin, mais il fait gagner du temps, de la sécurité et beaucoup de sérénité à bord. Prenez le temps de le dompter au port, pour qu’en mer il devienne un allié discret, et pas un jouet lumineux qui détourne les yeux de l’horizon.

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