Cap Sailing

Check-list complète pour préparer un départ de croisière en toute sérénité avant de quitter le quai

Check-list complète pour préparer un départ de croisière en toute sérénité avant de quitter le quai

Check-list complète pour préparer un départ de croisière en toute sérénité avant de quitter le quai

On a tous connu ce départ de croisière qui commence dans la précipitation : amarres larguées trop vite, personne ne sait où sont les gilets, le moteur tousse en marche arrière, le voisin de ponton qui regarde la scène en coin… et vous qui vous dites déjà : “On n’est même pas sortis du port que je suis rincé.”

La bonne nouvelle, c’est qu’un départ serein, ça se prépare. Toujours de la même façon, avec une check-list simple, reproductible, qui évite les oublis idiots et le stress inutile. Voici celle que j’utilise en convoyage et en croisière avec mes équipages.

Mettre le cadre : skipper, bateau, équipage, météo

Avant même de toucher une aussière, je fais un point rapide sur quatre piliers : qui, quoi, avec qui, dans quelles conditions.

Sans ce cadre, le reste de la check-list se transforme vite en empilement de tâches sans cohérence. Avec ce cadre, chaque étape a un sens.

Les papiers du bord et les contraintes “administratives”

Ce n’est pas la partie la plus sexy, mais c’est celle qui fait très mal quand elle manque au mauvais moment (contrôle, avarie, incident).

Je range tout dans une pochette étanche, dans la table à cartes. En cas de souci, vous savez exactement où chercher. Et vous n’avez pas à renverser tout le carré pour trouver l’assurance pendant que les gendarmes attendent sur le ponton.

Vérifier le bateau à l’extérieur : coque, appendices, pont

Juste avant de partir, je fais toujours un tour complet de bateau, lent, yeux ouverts. C’est là qu’on repère 80 % des problèmes idiots.

Je profite de ce tour pour repérer où je peux passer une aussière en cas de besoin, où je pourrais mettre un pare-battage supplémentaire, et par où je sortirai du poste d’amarrage.

Vérifier le bateau à l’intérieur : eau, gaz, électricité

Une fois le tour extérieur fait, je passe à l’intérieur. Là encore, l’idée est d’éviter les mauvaises surprises au moment où vous aurez le plus autre chose à faire.

Un détail qui tue : vérifier avant de partir si tout le monde sait où couper le gaz, où sont les coupe-batteries et où se trouve la caisse à outils. On ne découvre pas ça au mouillage de nuit, un dimanche d’août.

Moteur : le check indispensable juste avant de larguer

On veut tous naviguer à la voile, mais au port, c’est le moteur qui sauve les manœuvres. Il doit être prêt, chaud, et fiable.

Si quelque chose ne vous paraît pas normal (bruit, vibration, fumée, eau qui ne sort pas), on coupe, on cherche, on appelle si besoin. Mieux vaut râter un créneau de marée que rentrer au port à la godille.

Sécurité : matériel, VHF, procédures simples

C’est la partie où beaucoup se contentent de “C’est bon, il y a les gilets quelque part”. En croisière, je veux du concret : chaque équipier sait quoi prendre et quoi faire si ça tourne mal.

Je fais toujours un mini-brief sécurité avant le départ. Ce n’est pas un cours STCW, juste les trois ou quatre points qui peuvent vraiment sauver la mise.

Navigation et météo : partir avec un plan clair

Quitter le quai sans savoir où l’on va exactement, ni combien de temps on va mettre, ni par où passer… c’est s’exposer à devoir improviser sous stress. Et c’est là qu’on fait les plus belles bêtises.

Un équipage qui sait ce qui l’attend est plus disponible pour aider et pour réagir en cas de surprise. Un équipage dans le flou pose des questions au pire moment.

Répartition des rôles pour la manœuvre de départ

C’est souvent là que tout se joue. Une manœuvre de port réussie, c’est rarement un “coup de génie” du barreur ; c’est plutôt une bonne organisation en amont.

Si j’ai des débutants, je fais une répétition à sec : on montre chaque aussière, on simule l’ordre dans lequel on les enlève, sans aucune tension. C’est deux minutes bien investies.

Amarres et pare-battages : anticiper la trajectoire

Un bateau se comporte au port comme un gros caddie sans freins, poussé par le vent et le courant. Votre job, c’est de prévoir comment il va bouger, et d’adapter le plan d’amarres en conséquence.

Je visualise toujours la trajectoire complète AVANT de larguer quoi que ce soit : marche avant ou arrière ? Où le vent va-t-il pousser l’étrave ? Ai-je une marche arrière suffisamment efficace ou faut-il aider avec une garde à bord ?

Ranger pour que le bateau puisse bouger sans casse

Une fois en route, tout ce qui n’est pas rangé va tomber, glisser, se casser… ou blesser quelqu’un. On s’en occupe avant de quitter le quai.

L’objectif : que le premier virement de bord ou la première embardée en marche arrière ne transforment pas le bateau en vide-grenier.

Le dernier check avant de pousser les gaz

Juste avant de quitter le quai, je fais toujours un arrêt sur image. 30 secondes de check final qui évitent pas mal de bêtises.

Là, seulement là, je donne le top : on largue dans l’ordre prévu, on garde le bateau contrôlé jusqu’au dernier bout à bord, et on s’extirpe calmement du poste. Le but n’est pas d’être “impressionnant”, le but est que ça paraisse ennuyeusement routinier.

Une bonne check-list de départ, ce n’est pas du perfectionnisme : c’est de l’économie d’énergie. Moins de stress au quai, plus de cerveau disponible pour la météo, les voiles… et le plaisir d’être enfin en mer.

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